Le Centre

Construction du centre

L'association participe au financement de la construction des locaux du centre de formation.

Voir les photos.

 

Inauguration du centre, Bobo Dioulasso, le 25 Octobre 2016:

Cette école est un Centre de formation qui forme les jeunes filles en enseignement général (alphabétisation, calcul ...), c’est aussi un centre de la seconde chance pour ces jeunes filles prêtent à consacrer trois années de leur vie à apprendre un métier qui leur donnera à elles même, mais aussi a leur famille des ressources, une indépendance et surtout une dignité, qui les aidera a affronter la dure réalité qui se trouve derrière les portes du centre.

Ce Centre prime donc l’éducation des femmes, pourquoi ? Tout simplement parce que c'est par l'éducation des femmes que le développement de l'Afrique doit passer.

"La femme transmet alors que l'homme garde pour lui... Former une femme c'est former une famille”. Nous explique Mr Alexandre Bagbila, Président de l'ARJB à Bobo Dioulasso.

Rappelons aussi que l’un des objectifs principaux du Centre est de redonner à ces jeunes filles leur dignité.

Les rendre "dignes" c'est leur montrer que même si elles n'ont pas réussi leur scolarité, elles peuvent relever la tête. C'est grâce à la formation générale et professionnelle qu'elle vont suivre durant ces 3 années qu'elles vont acquérir ces capacités.

Une introduction et une présentation de l'association eu lieu ce jour dans les nouveaux locaux.

Tout d’abord les membres de l'association se présentèrent et parlèrent du travail effectué lors de ces dernières années,  ils expliquèrent quelles ont été les difficultés rencontrées, les succès; ils nous firent partager leur fierté face à cette grande réussite de toute l’équipe d’organisateurs: le Centre, qui se compose de trois classes de cours destinées a l'enseignements théorique et pratique de la couture. Le Centre est un aboutissement qui, peut-être, permettra un jour à l’association de voler de ses propres ailes.

La présence de l’adjoint au Maire, fut un honneur et un espoir de collaboration, car en travaillant ensemble, le Centre peut offrir à ce secteur de Bobo un renouveau, des commerces et la Mairie peut apporter au Centre son support.

L’établissement et les locaux furent également bénis par le prêtre invité par l’association.

A l‘issu de la présentation, eu lieu la tant attendue remise de cadeaux pour les filles du Centre. Tout cela, organisé par les membres de l’ARJB de St Maurice de Lignon, a apporté un moment de joie à toutes ces jeunes filles,  qui furent si heureuses de découvrir quelques vêtements, des bonbons, des petits bijoux, des échantillons crèmes de beauté dans leurs sacs. 

Ce moment festif fut accompagné de musiques traditionnelles, avec un groupe de musiciens venu partager leur dextérité au balafon et au djembé; un vrai moment de bonheur partagé entre toutes ces personnes qui travaillent ensemble pour apporter un espoir et surtout un nouvel avenir à toutes ces jeunes filles.

Ces jeunes filles de première, deuxième et troisième années, étaient toutes là, pour recevoir l’équipe associative des volontaires dans les salles de classe ou elles leur présentèrent leurs réalisations de couture : des vêtements de bébé, des sacs en crochet; mais aussi des sacs étudiés pour remplacer les sachets plastiques qui sont actuellement le fléau du Burkina Faso: là ou le recyclage est inexistant et où les sacs s’entassent dans les rues.

Les organisateurs et les jeunes femmes du Centre ont travaillé sur un projet "vert" de confection de sac "écolo", en plastique, réutilisable qui remplacerait les sachets noirs utilisés par les vendeurs sur marchés locaux et permettrait d’éviter ainsi cette pollution, sur du long terme. 

Une très belle aventure pour tous qui ne se termine pas là. En effet de nouveaux challenges sont à relever, le plus important est celui de réussir à rendre le Centre auto-suffisant car ce travail remarquable effectué  par les membres de l'associations ARJB a permis de récolter des fonds afin de construire ce Centre mais les besoins sont toujours insuffisants pour assurer son bon fonctionnement et les idée ne manquent pas: une école pour autofinancer le centre et pourquoi pas une cuisine pédagogique qui servirait d’atelier d’apprentissage et aussi de petite cantine/restaurant pour les filles qui vivent souvent à plusieurs kilomètres et qui, généralement, viennent à pied en cours.

Quelques jeunes filles ont souhaité prendre la parole.

Récit de l’une d’entre elles:

Orpheline et sans ressources, elle décida d’accepter cette opportunité, et après trois années de formation au centre, elle a, non seulement, appris le métier de couturière, mais aussi appris comment tenir une boutique/atelier. Sa fierté aujourd’hui c’est d’être une femme entrepreneuse au Burkina. Elle a embauché du personnel qui travaille pour elle (5 personnes) et elle vient tout récemment de s’acheter une mobylette!

Quelle aurait été sa vie sans le centre ? Personne ici ne souhaite y penser… Mais ce qui est sûr,  c’est que tout le monde se réjouit aujourd’hui de voir le résultat :  de nombreuses jeunes filles arrivent au centre un peu perdues, sans aucune connaissance de la couture, encore moins du commerce, ignorant les réglementations d’un établissement scolaire, d’un agenda, sans savoir même ce que cela peut signifié de pouvoir être indépendante et aujourd’hui nous voyons ces jeunes femmes épanouies après trois ans de formations, de soutien, d’appui d’une équipe de bénévoles qui leur ont montré comment avoir confiance en elle, en leur travail et à croire en leur réussite.

Le plus beau cadeau pour cette équipe de bénévoles et de voir ces jeunes femmes après quelques années et de voir le changement que ces trois ans de formation ont exercé sur elles, voici des femmes sûres d'elles mêmes, fière de leur réussite, qui souhaitent aider d'autres femmes comme elles a s’établir, leurs sœurs, leurs cousines ou bien leurs amies et un jour qui sait peut être leurs enfants. Cela leur permet de se rendre compte de la valeur de l' éducation et de l'importance de conduire leurs enfants sur les chemins de l’école pour leur offrir une vie meilleure, remplies de nouvelles opportunités.

Nous avons assisté à un travail admirable effectué par une petite équipe de bénévoles très unie, qui ne baisse pas les bras et qui est toujours a la recherche de ressources et d’idées pour faire fructifier cette petite organisation qui, comme les collaborateurs le rappellent, réinvestit tous les bénéfices au profit du Centre, car les éducateurs sont des bénévoles.

Quelques témoignages des membres de l’ARJB de St Maurice De Lignon se trouvant sur place:

 "…voir cette jeune fille épanouie aujourd’hui, ca fait chaud au cœur, je me rappelle d’elle, il y a quelques années, le changement est impressionnant, je me réjouis, cela n’a pas de prix!"

"Un petit stand au marché de Noël pour vendre quelques pots de karité ou quelques sachets de lavande cela peut rapporter  entre 50 et 100 Euros, c’est peu oui, mais pour le Burkina c’est beaucoup et pour nous ca vaut le coup, les efforts et le temps passé"

"Toutes ces jeunes filles ne parviendront peut être pas à achever leurs trois années de formation, mais pour moi, si nous en avons aidées, ne serait-ce qu’une seule, cela sera une réussite"

Pour comprendre le fonctionnement de l'association et la formation:

Le centre propose une formation qui dure trois années durant lesquelles des jeunes filles apprendront un métier, pour ces jeunes femmes la formation n’est pas gratuite, le centre leur demande une participation de quelques franc CFA (monnaie locale), qui semble dérisoire a nos yeux, mais qui peut des fois être difficile a collecter pour les filles.

Pourquoi cette participation demanderez-vous?

Tout simplement pour sceller leur engagement nous explique Mr Alexandre Bagbila, directeur du centre a Bobo Dioulasso, c’est symbolique, c’est la meilleure façon de s’assurer que l'effort sera fait et que la motivation est là, nous leur demandons une somme modique mais qui montre une envie de s’engager et surtout pour elles l 'assurance qu’elles ne sont pas complètement assistées, ce qui est important pour leur estime d’elle-même.

Le coût de cette formation est d’environ 150.00 Euros, par fille, pour les trois années. L’association a d’ailleurs mis en place un système de parrainage. Actuellement le Centre a actuellement 55 élèves inscrites pour cette formation.

Au cours de ces trois années, les éducateurs du Centre encadrés par Mme Marie-Gabrielle, éducatrice à la retraite et Mr Julien, ancien instituteur lui aussi à la retraite, enseignent la couture, donnent des leçons de vie et expliquent comment monter un atelier avec les challenges que cela peut comporter.

Lors de la remise des diplômes, après avoir achevé leurs trois années "les filles du Centre ne repartent pas les mains vides, chacune d’entre elles, repart avec une machine a coudre toute neuve" explique Bernard Rocchiccioli, Président de l’antenne ARJB de St Maurice de Lignon, pour qu’elles puissent ensuite exercer leur métier, et peut être un jour ouvrir leur propre atelier de couture.

Un atelier de tailleur au Burkina consiste généralement en une petite pièce rudimentaire entre 4 murs de briques, pourvue d’une table de couture et d’album contenant quelques photos servant de modèles et parfois d’une table de repassage (avec un fer a l’ancienne, chauffé au charbon incandescent). Les clientes viennent avec leur tissus, généralement un joli pagne coloré, et passent leur commande, souvent assise sur un banc en expliquant ce qu’elles souhaitent, pour ensuite avoir leurs mesures prises, car tous ces modèles sont bien entendu faits sur mesure. Au Burkina les gens ont très peu accès au “prêt à porter” connu chez nous comme magasin de vêtements car c’est trop cher. Tout le monde ici à recours  à ce modèle de confections pour leur tenue de tous les jours, et aussi pour les vêtements de fête.

Un marché donc florissant et un bel avenir pour ces futures couturières…